Les Minguettes 69

Les Minguettes 69
Les violences qui secouent depuis plus d'une semaine les banlieues défavorisées autour de Paris et gagnent la province, rappellent les scènes d'émeutes intervenues dans l'agglomération lyonnaise en 1981 et 1990, illustrant le profond malaise de ces zones déshéritées.

En juillet 1981, dans le quartier des Minguettes à Vénissieux, près de Lyon, des jeunes, pour la plupart chômeurs et d'origine maghrébine, incendient des voitures, pour protester contre leurs conditions de vie.

La "Zup" des Minguettes est constituée d'une quarantaine de tours de 10.000 logements construits dans les années 65, accueillant une population de 35.000 personnes, dont 20 à 30% issue de l'immigration.

En l'espace de trois mois, les incendies de voitures se succèdent et atteignent le nombre de 180 fin septembre.

Parallèlement, les jeunes s'en prennent ouvertement, avec l'aide d'une partie de la population plus âgée, aux forces de police venues rétablir l'ordre.

Tout d'abord désorientés par l'ampleur du phénomène, les policiers mettent en place, fin août, des barrages systématiques aux abords des tours.

L'été suivant, le ministre de l'Intérieur, Gaston Deferre, institue les opérations "anti été-chaud", associant policiers et jeunes dans des actions communes.

En août 1983, le président de la République, François Mitterrand, effectue une visite surprise aux Minguettes. A la fin de l'année est créée la mission "Banlieues 89" pour la réhabilitation des banlieues.

Les violences à Vaulx-en-Velin ont été déclenchées par la mort, le samedi 6 octobre 1990, du passager d'une moto - Thomas Claudio, habitant du quartier du Mas de Taureau - heurtée par un véhicule de police. Les jeunes parlent de "crime", la police "d'accident".

Quelques heures après son décès, le quartier du Mas du Taureau, symbole de la politique de réhabilitation menée a Vaulx-en-Velin par la municipalité communiste, devient le théâtre d'extrêmes violences qui dureront près de trois jours.

Grandes surfaces et magasins incendiés et pillés, voitures détruites, pompiers et journalistes blessés, bagarres avec les forces de l'ordre: des centaines de jeunes de cette ville de 40.000 habitants, peuplée de nombreux immigrés et de plus de 3.000 chômeurs, saisissent l'occasion de la mort de leur ami pour exprimer par la violence, leur "ras-le-bol" du chômage, du racisme et du "harcèlement policier".

La violence répétée dans les banlieues des grandes cités a ainsi conduit à la création, en décembre 1990, de la fonction de ministre d'Etat chargé de la Ville, qui sera occupée alors par Michel Delebarre.
# Posté le lundi 23 avril 2007 17:14
Modifié le mercredi 25 avril 2007 19:54

L'Ariane 06 Nice

L'Ariane 06 Nice
"Le couvre-feu ici ! Mais on va où là ?", s'inquiétaient mercredi soir des jeunes du quartier de l'Ariane à Nice, partagés entre ironie et abattement face à la mesure, particulièrement sévère, instaurant l'état d'urgence dans vingt et une communes des Alpes-Maritimes.

"Et à Paris, ils n'ont même pas de couvre-feu, mais c'est pas possible !" : Foued, 17 ans, fait partager son incompréhension à la demi-douzaine de copains, rassemblés autour d'un narguilé, au pied des immeubles de ce quartier est de Nice, plongé à 21h30 dans le silence.

La nouvelle de l'application du couvre-feu n'a que quelques heures, mais elle a déjà fait le tour de l'Ariane, "comme une traînée de poudre", note Oualid, 19 ans.

"C'est +ouf+ (fou, ndlr)", commentent les jeunes, pour lesquels "il ne se passe rien de spécial, de grave", ces jours-ci, que ce soit à Nice ou dans leur quartier, qui, à défaut d'escalade de la violence, vit, selon eux, "l'escalade de la répression".

Quelque 155 véhicules ont brûlé au cours des cinq dernières nuits dans les Alpes-Maritimes, selon la préfecture, mais aucun affrontement direct entre forces de l'ordre et fauteurs de trouble n'a été constaté.

"Ils (les forces de l'ordre) font les fiers avec leurs cagoules, ils nous traitent mal depuis une semaine", dénonce Mohammed, prédisant que "quand tout ça va finir et qu'il n'y aura plus +les nationaux+ (par opposition aux policiers du département et de la ville, ndlr), là ça va vraiment tout casser".


Au sein du petit groupe, où l'on saute d'un pied sur l'autre pour se réchauffer, chacun tient à portée de main sa carte d'identité, prêt à dégainer le précieux sésame au premier contrôle policier.

Pour les mineurs du groupe, ce document ne sera plus d'un grand secours jusqu'au 20 novembre prochain, date de levée du couvre-feu, puisqu'il leur est désormais interdit de circuler seuls, de 22h00 à 05h00 du matin.

"C'est qui Sarkozy, c'est pas mon oncle ! De quel droit il me dit de rentrer chez moi ?", s'énerve un adolescent de 17 ans, à quelques minutes de l'entrée en vigueur du couvre-feu.

"Il faut les comprendre", tente de justifier, un "grand", présent à ses côtés, "dans les appartements de trois pièces, il y a huit personnes, les soeurs qui ne veulent pas regarder les même programmes que leurs frères à la télé, tu veux qu'ils fassent quoi, enfermés chez eux le soir ?"

22h00, passées de dix minutes, une demi-heure puis trois quarts d'heure, et toujours aucune ronde de police à l'horizon. Plusieurs mineurs continuent de tirer sur le narguilé à moins de cinq cents mètres du commissariat de l'Ariane.

Au coin de la rue, trois policiers se livrent à une séance de photo-souvenirs, s'immortalisant devant leur véhicule avec leur téléphone portable.

C'est finalement du ciel, dans un vacarme assourdissant, que vient le signal pour les plus jeunes de disparaître dans la nuit : un hélicoptère de gendarmerie apparaît pour balayer d'un faisceau lumineux longue portée le quartier désert, qui prend pour quelques minutes des airs de zone de guerre.

A 23h00, deux mineurs circulant seuls, l'un à Nice, l'autre dans une petite commune du département, avaient été conduits au commissariat. Onze voitures, dont sept à Nice, avaient brûlé dans les Alpes-Maritimes.

Des policiers inspectent l'accès au toit d'un immeuble dans la cité des Moulins à Nice.
# Posté le lundi 23 avril 2007 17:15
Modifié le mercredi 25 avril 2007 20:27

Bellevue 44

Bellevue 44
Des cocktails Molotov pour faire parler de nous "à la télé"

L'idée leur est venue "en lisant le journal": mal à l'aise, Herman, 21 ans, essaie d'expliquer mardi au juge pourquoi il a été arrêté en possession de cocktails Molotov dans la nuit de dimanche à lundi avec deux amis mineurs à Nantes.

Devant le président du tribunal correctionnel de Nantes, le jeune chômeur de 21 ans ne chuchote que de temps à autres des réponses fugitives.

L'idée de fabriquer des cocktails Molotov leur est venue samedi "en lisant le journal", dit-il avant de s'enfermer dans le silence. "Tous les trois nous avons décidé de faire des cocktails Molotov comme à la télé", témoigne l'un de ses camarades mineurs, S., dont le président cite la déposition.

Ils achètent un pack de bière, le boivent parce qu'il faut vider les bouteilles, qu'ils remplissent ensuite avec un peu d'essence. Une mèche avec un torchon ramassé dans une poubelle, et le tour est joué. "Nous sommes allés à Bellevue (un quartier sensible de l'ouest de Nantes NDLR) pour voir s'il y a avait une émeute à laquelle nous pouvions participer", déclare l'autre mineur, E., dans sa déposition.

"E. m'a dit qu'il voulait faire des cocktails Molotov pour lancer sur les flics", explique alors Herman, "pour faire parler de nous à la télé" Le président du tribunal lui demande s'il était prêt à tuer un policier pour passer à la télé. "Je ne sais pas quoi dire", répond Herman, avant de murmurer un "Je regrette" timide et désespéré. Il s'est entendu infliger huit mois d'emprisonnement dont quatre avec sursis tandis que S. et E. comparaîtront le 29 novembre.


> emeutes a nantes ? ?
, le 22/06/2005 à 12h05>

tout ça aurait commencé par une baston organisée entre bandes des cités (Bellevue et les forces de l'ordre), selon un type du scalp rencontré hier soir. Les flics ont directement employé les grands moyens, charges et lacrymo. Comme la foule était énorme, donc pleine de gens prets à en découdre, ça à dégénéré. A Feydeau, c'était assez surréaliste : les concerts qui continuent (avec refrains du genre "Chirac, au gnouf") avec a deux pas jets de lacrymos, crs qui reculent et une bonne centaines de types qui caillassent à coup de cannettes de bières !


Bellevue
Ce quartier était sur la liste des 19 quartiers les plus sensibles de france en 1999.


Faits divers

Emeutes et guet apens, le terrorisme invisible des "jeunes".
Aprés 18 mois de calme relatif, une nouvelle flambée de violence s'est produite dans la cité de Bellevue, dans la Loire Atlantique.

Des affrontements spectaculaires ont éclatés entre jeunes et forces de l'ordre, sans toutefois faire de blessés.

Ce week end, une patrouille de la BAC est tombée dans un guet apens tendu par une quinzaine de jeunes de la cité.

La patrouille tombe sur des jeunes lui barrant le passage, derrière elle, un véhicule tous feux éteints, lui bloque la rue.

Immobilisés, les policiers sont alors pris pour cibles, à coups de parpaings et barres de fer projetés contre le véhicule.

Les fonctionnaires affirment avoir essuyé des coups de feu, c'est finalement en utilisant des gaz lacrymogénes et les flash balls que ceux ci pourront s'en dépétrer.

L'origine : des fausses rumeurs courants dans la cité sur le "meurtre" par la police de deux "jeunes" qui se sont tués en voulant se soustraire a un contrôle de police, leur bolide ayant percuté un poteau électrique.

Aprés ce guet apens, les forces de l'ordres appellées pour sécuriser le quartier ont étés également prises pour cible, des voitures ont étés renversés sur le périférique porte de L'Estuaire entraînant un accident, un bus a été caillassé, et des véhicules incendiés.

Trois jeunes de 17 à 20 ans ont été arrêtés.


Faits divers

A Bellevue à Nantes (Loire Atlantique, 44) à 4h30 du matin en 1999, un médecin de SOS avait été appelé pour une grippe. Il retrouvera son véhicule désossé.


Nantes : incidents au quartier Bellevue

Des incidents ont éclaté pendant la nuit de jeudi à vendredi dans un quartier populaire de Nantes, le quartier Bellevue, où dans l'après-midi un jeune homme de seize ans, Sobiestau Benmoussat, avait été blessé d'une balle de carabine par un voisin, à la suite semble-t-il d'une altercation. L'auteur du coup de feu, s'était réfugié dans son appartement assailli par une cinquantaine de jeunes qui tentaient de forcer la porte afin de « faire justice ». Simon Ripoche, le tireur, avait été finalement évacué avec sa famille sous la protection des forces de police qui maintenaient à distance les jeunes et des habitants de la cité. Il a été placé en garde à vue et était toujours entendu hier soir. Le jeune blessé, par ailleurs connu des services de police comme auteur de vols avec violence, était transporté à l'hôpital. Ses jours ne sont pas en danger. C'est un peu plus tard, alors que le calme semblait revenu, qu'une centaine de jeunes se rassemblaient à nouveau pour réclamer vengeance, incendiant une voiture stationnée près du poste de police du quartier, retournant deux autres véhicules sur la chaussée en présence d'environ 300 personnes. Plusieurs vitrines de magasins ont été détruites, dont celles d'un coiffeur et d'une auto-école ainsi que des vitres d'une maison de quartier. Il n'y pas eu de pillage. Le calme est revenu vers 1 heure du matin après l'intervention sans contact physique d'une centaine de CRS et de policiers urbains. Il n'y a pas eu de blessés.


800 kg de cannabis saisis à Nantes, Quartier Bellevue
Des mois d'investigations et un record pour les policiers

Belle prise pour les policiers nantais : 800 kg de résine de cannabis conditionnés en cartons de 40 kg, 5 000 000 ¤ et une trieuse de billets. À côté, Dollar, le chien renifleur de la brigade canine, sur les lieux avec son maître.

Samedi, les policiers nantais ont saisi 800 kg de résine de cannabis. Plusieurs mois d'investigations ont été nécessaires pour aboutir à ce résultat. Trois personnes ont été arrêtées.
Samedi, dans un hangar de la banlieue nantaise, la police a saisi 800 kg de résine de cannabis. « Une prise record pour la sécurité publique », selon Jacques Bauza, directeur départemental de la police, accompagné du commandant François Mainsard. Depuis plusieurs mois, les policiers nantais savaient qu'un important trafic de drogue se préparait. « Une surveillance a été mise en place pendant des jours et des nuits. » Neuf mois d'investigations. Samedi, les choses se sont précipitées. Les policiers ont investi un hangar de la banlieue nantaise. « La marchandise était conditionnée en cartons de 40 kg. Elle représente la valeur d'un million et demi d'euros à la revente. » Ils ont également saisi 5 000 000 ¤ et une trieuse de billets.

Interpellation houleuse

Trois hommes âgés de 19 à 25 ans ont été arrêtés dans un parking, lors d'une interpellation un peu houleuse. « Tous sont connus des services de police. Ils résident dans les quartiers ouest (Bellevue) de Nantes. » Ce matin, ils doivent être déférés au parquet.

Pour Jacques Bauza, « l'importance de la saisie prouve qu'il s'agit d'un véritable réseau. Une économie souterraine dont les conséquences, pour les auteurs, sont graves. »

Le cannabis, en provenance du Maroc, était arrivé en France, via l'Espagne. Selon les policiers, il était destiné à la consommation régionale. Il sera détruit prochainement par incinération.

Dimanche, les policiers avaient saisi 15 kg de cannabis et, une semaine plus tôt, 17 kg de cocaïne. Il semble que ce trafic lucratif soit en augmentation dans la région. « Nantes et considérée un point de départ pour la drogue dans l'ouest de la france. Tout sera mis en oeuvre pour arrêter les trafiquants », prévient Jacques Bauza.

Rosanne NOURRY-BOUVIER


Bellevue
Un policier blessé par balle à Bellevue

Des policiers qui intervenaient, hier soir, dans le quartier de Bellevue, à Nantes, ont été pris pour cible par un tireur embusqué. Dans le guet-apens, un brigadier a été touché à l'épaule par une balle de 22-long rifle.

Bellevue
Quatre jours d'affrontement onze interpellations

Les policiers des brigades anticriminalité, des sections d'intervention et des corps urbains des gardiens de la paix ont procédé à onze interpellations au total depuis le début des troubles à Bellevue.

Un jeune de 18 ans est jugé ce matin en comparution immédiate. Il a fait l'objet d'une interpellation mouvementée lundi vers 14 h à Bellevue. Alors qu'il multipliait les rodéos à bord d'une Super 5, deux policiers de la BAC ont tenté de l'immobiliser à coups de flash-ball sur le pare-brise. L'ado a alors fait marche arrière, en direction d'une patrouille venue en renfort. Se sentant « menacés », les policiers ont tiré « à deux reprises à balles réelles dans ses pneus ». « Très connu » de la police, le jeune homme s'est ensuite « rebellé » lors de son arrestation.

Guerre des gangs à Nantes : communiqué de presse d'Alexandre Brundo


"La guerre des bandes à Bellevue est l'illustration édifiante du laxisme à Nantes en matière de sécurité publique, commente Alexandre BRUNDO, responsable des JPF en Loire Atlantique et Candidat aux Législatives .


Souvenons-nous de l'évènement relaté par tous les médias nationaux en septembre 2006 : une aide municipale de 700 ¤ avait été versée par la ville de Nantes à deux "jeunes artistes" du quartier de Bellevue pour financer un clip de rap « COLT 44 » faisant l'apologie de la haine, de la violence et de la guérilla urbaine. En semant cette haine, la mairie en récolte inévitablement les fruits.


Il est urgent de réprimer sévèrement les dérives de ces jeunes, responsabiliser socialement leurs familles, mais aussi de sanctionner les primodélinquants, afin de limiter l'engrenage de la récidive."




ARTICLE : Une balle de 9 mm lui passe sous les yeux



Deux bandes se sont affrontées samedi soir à Nantes, des coups de feu ont été tirés. Deux projectiles ont atterri dans des appartements.
Des morceaux de verre jonchent encore le sol de sa chambre. « Je regardais la télé, allongée sur mon lit. Quand mes rideaux se sont soulevés d'un coup. Et puis il y a eu un bruit monstre. Comme une explosion. Ca a résonné dans ma tête », raconte cette habitante de Bellevue à L'Ouest de Nantes, encore sous le choc.


21 h 30. Samedi soir. À proximité du Square des Roitelets, une balle vient de traverser les volets et la fenêtre avant de se nicher dans le mur de la chambre de ce petit appartement du premier étage. « Je m'suis carapatée, j'ai pris mon petit-fils avec moi et on s'est réfugiés dans le salon. C'était comme à la télé » Le petit garçon de 10 ans est encore tout excité : « j'ai même pas eu peur. » C'est pas le cas de sa grand-mère : « J'ai eu la trouille. On a quand même frôlé le drame. »

En bas de chez elle, une rixe opposait deux groupes de jeunes. Quand les coups de feu ont été tirés, une quinzaine de personnes se poursuivaient. Selon la police, une seule était armée. « Il s'agit d'un pistolet automatique, un 9mm Parabellum », indique t-on. De l'autre côté du square, une autre balle perdue a été retrouvée dans le mur du salon d'un appartement. Le locataire a constaté les dégâts en se levant dimanche matin.

En fait, la plupart des riverains n'ont rien vu. « J'ai bien entendu des détonations. J'ai dit à ma femme ils vont encore nous casser les pieds avec leurs pétards », raconte un grand-père. « Moi j'ai pensé au carnaval, dit une voisine. D'autant que le quartier est calme depuis un bon moment. »

Un témoin qui dînait chez des amis a tout de même aperçu des personnes qui s'enfuyaient à toute vitesse dans deux directions opposées. Les policiers qui disposent pour l'heure de peu d'informations lancent un appel à témoins.


Marylise COURAUD. Ouest-France le 26 Mars 2007

Bellevue

FLIC PRIS DANS UNE EMBUSCADE

Dans le quartier de Bellevue à Nantes, une zone ou il ni y a pas de sorti Les Rochelets "course poursuite aprés une moto en aout 2005 une patrouille a voulu piègé la moto mais en rentrant dans le square une enbuscade d'une centaines de jeunes a débarqué et a attraper ce policier ,pris dans des coups de couteaux ,l'homme est sorti de l'hopital avec des blessures au troisième degrés

samedi 29 avril 2006
16 h 45. La police déboule place des Lauriers à Bellevue. « Des habitants ont appelé police secours. Ils se plaignaient de rodéos », explique Yves Monard, le patron de la police. Une patrouille de la brigade anticriminalité arrive et prend en chasse deux jeunes qui circulent sur une moto-cross qui a été volée le jour même. Quelques minutes plus tard, elle brûle le long de la ligne de tramway. Alors que les deux jeunes disparaissent dans la nature, les policiers font face à un attroupement.

Nora est devant son poste de télé quand elle entend ce ramdam. « New-York Police Judiciaire venait de commencer. Je suis descendue. La police voulait tirer sur la moto. Mais il y avait en même temps un attroupement sur la place des Lauriers où se tournait un clip », témoigne la jeune femme. « Tout le monde s'est fait un film. » La police tire plusieurs coups de flash ball. En face on réplique. « Ils étaient une centaine de jeunes à nous caillasser. Certains avaient même des piquets de bois. On en a vu un avec une arme de poing », raconte un policier qui s'étonne qu'un tel affrontement se produise au beau milieu de l'après-midi.

17 h 15. La tension persiste. En bas des tours HLM, il y a foule. Chez les jeunes, on parle du tournage interrompu. « C'était un tournage sauvage sans autorisation », glisse un jeune. De l'autre côté de la ligne de tram, la police parle des jeunes qui « tiennent le quartier ». Il y a trois semaines, des ados avaient posé des barricades à l'entrée du quartier et ne laissaient passer que ceux qu'ils connaissaient. Ce soir-là, les policiers ne s'étaient pas montrés en nombre.

Hier soir, des CRS sont arrivés en renfort. « C'est comme si on était dans un état de siège. Mais le film est terminé », poursuit Nora. Un peu plus loin, les jeunes s'échangent les photos prises avec leur téléphone portable. Il n'y a eu aucun blessé et aucune interpellation.

Dans la soirée, le calme semblait revenir. Mais la police a prévu du renfort tout le week-end. « Ce sont les vacances scolaires », rappelle un policier. « Comme à chaque fois, ça chauffe. Il y a une volonté de se frotter aux policiers. Mais il ne faut pas oublier que les effectifs sont éprouvés depuis le mouvement anti-CPE. »

Pendant une demi-heure hier, police et jeunes se sont faits face à Bellevue
# Posté le lundi 23 avril 2007 17:15
Modifié le mercredi 25 avril 2007 20:13

Les 4000 93

Les 4000 93
"Ca va partir en bagarre !": à la cité des 4000 à la Courneuve, des jeunes qui pour certains affirment avoir déjà affronté les forces de l'ordre promettent que si un couvre-feu est imposé, il ne sera pas respecté et qu'un jour, "il y aura un mort".

"Si vous voulez vraiment savoir ce que tout le monde pense, vous regardez ce mur", dit Bob, 18 ans, vêtu d'un jean et du sweat-shirt à capuche devenu l'uniforme d'émeutiers qui dissimulent ainsi leurs visages.

Sur les murs de la première barre de la cité, à trois stations RER du centre de Paris, le message est clair: "Sarko, t'es mort, nique la police".

C'est ici, en juin, que le ministre de l'Intérieur a promis de "nettoyer au Kärcher" les 4.000.

Le ministre s'y était déplacé après le meurtre d'un enfant de 11 ans, Sidi Ahmed, victime d'échanges de tirs entre bandes rivales.

Une dizaine de jeunes, qui acceptent de s'exprimer en donnant des pseudonymes, vont et viennent, manifestement désoeuvrés, à proximité d'une voiture calcinée "qui a brûlé dans la nuit", selon l'un d'entre eux.

Un couvre-feu, "ça veut dire qu'à partir de demain la guerre elle recommence. Tous les soirs (les policiers) vont dire +cassez-vous, cassez-vous+ et un jour il y en a un qui va péter un câble. Il va y avoir un mort", poursuit Bob, de parents d'origine sénégalaise et mauritanienne, venu d'une autre cité, Mantes-la-Jolie (Yvelines), rendre visite à ses parents. "Si ça continue comme ça, il y aura un CRS mort!", assure aussi, très excité, Tupak, 18 ans.

Les jeunes s'amusent dans la surenchère verbale. Un troisième, Shiz, se joint à la conversation: "Ca va être au lance-roquette, à la kalachnikov, même dans les cités calmes, ça va chauffer". Il assure que dans le coin, il y a "des 9mm, des grenades, des fusils à pompe".

Comme pour prouver sa bonne foi, il demande à l'un de ses amis de soulever son pull: entre la ceinture et le ventre, à même la peau, ce dernier exhibe un gros pain de cannabis enveloppé dans du cellophane transparent.

"S'il fait ça, ça va pas se finir. Chez nous, c'était en train de se calmer, ça sert à rien qu'ils mettent le couvre-feu", reprend plus sérieusement Bob, qui dit ne pas participer aux violences parce qu'il a déjà un casier judiciaire "comme ça" et qu'il ira à coup sûr en prison.

"Moi je suis allé plus à l'école que toi et je dis +qui sème le vent récolte la tempête+", ajoute fièrement Darkeness, 19 ans.

"On sera tous assis là, reprend Shiz en montrant le muret qui longe le parking de l'immeuble, et cela ne sera plus avec des mots mais avec des pierres".

Les jeunes s'interrogent tout de même sur les éventuelles répercussions de l'imposition d'un couvre-feu dans leur quartier.

Conclusion de Shiz: "On va tous rester dehors, ils vont tous nous embarquer.

"Et ceux qui quittent le travail à 23h00 et viennent à minuit, ils vont faire comment ?", demande-t-il.

"A chaque fois ils vont venir et ça va être GAV (garde à vue), GAV, GAV. Ensuite Bobigny (au tribunal), Bobigny, Bobigny", reprend-il.

"Mais la garde à vue, elle est pas assez grande", répond un autre. "Dis pas ça, dis pas ça!, sinon ils vont la rénover: non Madame, il faut marquer que c'est pas la garde à vue qu'il faut rénover, c'est La Courneuve".

En attendant, plusieurs affirment avoir compris que "c'est pas bien de brûler les voitures des gens. C'est mieux de brûler l'Etat: des RER ou des bus", suggère notamment Bob.
# Posté le lundi 23 avril 2007 17:16
Modifié le lundi 23 avril 2007 18:05

Felix Piat 13

Felix Piat 13
L'homme s'était rendu à la police mercredi, deux jours après la mort de "Boubou", un adolescent de 16 ans, poignardé dans une cité des quartiers nord de Marseille.

Connu de la police notamment pour trafic de stupéfiants, il risque la réclusion criminelle à perpétuité.

- le 06/01/2005 - 20h45






Un homme de 32 ans, qui a reconnu être l'auteur du coup de couteau ayant coûté la vie lundi à un adolescent de 16 ans dans une cité des quartiers nord de Marseille, a été mis en examen jeudi pour homicide volontaire et placé en détention provisoire. Un autre homme qui avait été placé en garde à vue dans cette affaire, a été mis hors de cause et remis en liberté.

Yacine Haouachi devra répondre du chef de "meurtre en état de récidive d'un délit puni de 10 ans d'emprisonnement", en l'occurrence une condamnation en 2000 à trois ans et demi de prison pour trafic de stupéfiants, et encourt de ce fait la réclusion criminelle à perpétuité, a précisé le parquet. Il s'était rendu à la police mercredi à Marseille et avait été placé en garde à vue. Père de trois enfants, il a déjà été condamné quatorze fois: pour des infractions routières, pour désertion et insoumission, mais surtout pour vol et recel et pour trafic de stupéfiants.

"Il faut que cela s'arrête là"

La victime, Sébastien, surnommé "Boubou", qui portait sur elle des barrettes de haschich, était également connue de la justice. L'adolescent avait fait l'objet d'une "assistance éducative" après avoir commis des violences scolaires sur un camarade en mars 2003, mesure relayée par un contrôle judiciaire.

Sébastien a été mortellement blessé d'un coup de couteau lundi dans la cité des Rosiers à Marseille. Il est décédé lundi soir à l'hôpital militaire Laveran. Selon l'autopsie, il a été frappé d'un seul coup de couteau au thorax qui a atteint le coeur provoquant une hémorragie massive.

Le jeune garçon a été enterré jeudi après-midi dans un cimetière de la ville lors d'une cérémonie sobre et emplie d'émotion, en présence d'environ 200 personnes, membres de la famille et amis. De nombreux jeunes de la cité des Rosiers avaient fait le déplacement. "Notre religion nous interdit de nous faire vengeance nous-mêmes, il faut que cela s'arrête là. Et puis, il y a Dieu, et la justice française fera le reste", a déclaré Marie Mahfoud, une amie de la famille.
# Posté le lundi 23 avril 2007 17:16
Modifié le lundi 23 avril 2007 18:03